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Nogaro 2026 : retour aux affaires avec la SR3

La saison 2026 commence fin février avec l’épreuve de Nogaro

On a travaillé pendant l’hiver

Notre Racial SR3 était à l’arrêt depuis mai 2025 suite à la casse de la boite de vitesse. A l’ouverture du bloc moteur (qui contient la boite) on a réalisé que le moteur était remonté sans soins avec des jeux de fonctionnements farfelus. Conclusion:
– il y a des adresses que je ne recommande pas. Au delà du prix, le mauvais travail de ce professionnel nous a couté une saison.
– heureusement que la boite a cassé avant le reste, sinon c’était une bielle en dehors du bloc.

Bref il faut tout reprendre à zero, moteur en pièce, contrôles, métrologie, montage à blanc, une liste de pièces longue comme le bras à changer de ce bloc, et sur ces sujets il faut se laisser le temps de faire les choses proprement. Au début de l’hiver nous avons 2 moteurs refaits (le 1340 et le 1470), remis en route, et une cascade de pignon révisée, dont l’implantation a été ré-ajustée pour réduire les déperditions dus aux frottements.

Le boitier 4 papillons a lui aussi eu droit à un traitement rajeunissant. Après 15 ans les ressorts de rappels sont fatigués et les axes ont pris un peu de jeu.

Un travail important a été fait sur le châssis pour rendre la voiture plus communicante et favoriser la chauffe des gommes.

Il faut qu’on avance un peu alors je ne peux pas rentrer dans le détail de la boite de vitesse spéciale qu’on a mis dans le moteur 😋 ni sur la séance de rodage misérable sous une pluie incessante à Fay de Bretagne.

Nous voilà donc sur la route, fin février pour la première épreuve de la saison.

Installation à Nogaro

En grande partie à cause d’une météo incertaine, nous avons pris un box pour améliorer un peu notre confort pendant l’épreuve. Box partagé avec Nicolas (Bloo Racing) et son fils Arthur qui nous prêtera main forte pour ce meeting. Le box sera complété par nos amis de chez JAD qui alignent un équipage de qualité Lionel JACOB / Xavier Duvignau qui sera un des dossiers du week-end.

tracé nogaro

Essais du vendredi

Après tant d’heures de préparation mécanique, il y a une appréhension certaine à ces premiers tours de roues.

Allez c’est parti, le premier tour de roues valide:

  • le moteur pousse fort
  • la voiture roule droit
  • on a retrouvé un équilibre intérressant

Puis interruption de séance dès le tour de chauffe -> Nico dans les graviers au T12 😱. Ca repart assez vite pour reprendre ses marques sur ce tracé très complet:

  • T1 ça passe plus fort que ce que tu crois
  • Secteur 1 qui fait travailler le châssis et l’aéro
  • La sortie du T5 critique puis la longue ligne droite fait parler le moteur, puis les freins à 80m
  • Secteur 3 plus lent et proche des murs, pour arriver sur T14-15 les virages du lacs qui donne la part belle à l’aero

Timide ⏱️ 1’36, l’objectif est de trouver les sensations avec une piste assez glissante… peut être lié à une fuite de liquide de refroidissement. La température eau monte fin secteur 3, je coupe le moteur à 110°c, j’arrive devant les box en roue libre avec un panache de fumée, avec une température de culasse qui continue de monter.

Capot ouvert : durite d’eau débranchée, plus d’eau dans le moteur. Remplissage d’eau bouillante (pour éviter les écarts de température), circulation d’eau, on laisse reposer. Changement durite, montage propre. Appel d’urgence à Rodolphe, analyse des données, la chance est peut être de notre coté.

Un seul moyen de savoir si la culasse a pris un pète : rouler et faire la seconde séance. 2 tours, arrêt au box, ouverture du capot, contrôles OK. Il reste 10 minutes dans la séance pour bosser sur la performance. Sur des pneus qui ont 2 ans je fais descendre les chronos ⏱️1’34 puis ⏱️1’33, puis ⏱️1’32 sans chercher la limite, on arrive à:

  • 219 km/h GPS dans la ligne droite (+ 15 km/h par rapport à l’ancien moteur), à 500 tr/min du limiteur en 6
  • 2,8 g en appui latéral dans le T10, 2,5g dans le T2, T4, T12-T13.
  • – 2,5 secondes depuis ma dernière venu

Bref, ça marche, j’ai retrouvé l’alchimie avec la voiture.

Le reste de l’après midi est bien occupé avec :

  • présentation de la voiture au Controle Technique
  • un coup de main pour refaire un cardan de la F5 de Nicolas (avec les cage à aiguilles remontées à la pince à épiler)
  • une réunion « Commission Coupe de France » pour porter notre projet Sport Proto 2027.

Notre assistance mécanique Frank arrivant seulement le vendredi soir, je fais l’impasse sur la 3è séance d’essais pour économiser. Météo incertaine, on ne sortira peut être pas les slicks demain.

Apéro « Trophée Protos de France », moment convivial dans une ambiance « rentrée des classes » avec beaucoup de camaraderie. La famille Avenircup est incroyable.

Samedi : essais, qualifs et course

C’est une grosse journée qui nous attend, et il faudra éviter les embuches. Séance d’essais sous la pluie. La piste est très mouillée et très froide, donc bien glissante. Il y a un peu d’herbe et de terre par endroit, ça jardine un peu 😀

Passage dans la pitlane pour ajuster le refroidissement moteur, puis travail sur les trajectoires pluie sans prise de risque: avec le planning de la journée, hors de question de se sortir en essais libres et avoir à puiser dans la réserve d’énergie pour réparer.

Alors focus trajectoire, remise de gaz, gestion de la glisse, et on évite les vibreurs et les freinages retardés. 3 tours chronos ⏱️1’52 -> ⏱️1’51 -> ⏱️1’50. Peut mieux faire, mais ce sera quand même un 3è temps.

Briefing, Directeur de course en formation qui a l’air un peu fébrile.

Qualifications à suivre où il faut choisir ses pneus et son setup par rapport à une météo incertaine:

  • pneus pluie ? Secs ? quelle pression ?
  • Barre anti roulis ? dur ? souple ? débranchée ? Avant / Arrière ?
  • Amortisseurs secs ? pluie ? entre les deux ?
  • Répartition des freins à ajuster ? on en remet un peu sur l’arrière
  • Charge aéro : inclinaison aileron AR, appendices à l’avant ?

Pour ne pas m’y perdre j’archive tous les setup de tous les roulages et je prépare le meeting avec des fiches types. Ensuite on applique, il faut se décider 30 minutes d’amener la voiture en pré-grille. On part en pneu pluie.

Nouveau numéro de course cette année le #82 nous va comme un gant.

Début des qualifications la pluie s’est arrêtée depuis déjà un certain temps, la piste demeure humide. Les chronos déscendent tour après tour et particularité de Nogaro : on voit sa position sur une tour quand on est dans la ligne droite.

Tant que les chronos descendent il faut rester en piste. Etant en effectif mécanicien limité rentrer dans les stands pour changer les roues et passer en Slick est hasardeux. Thomas peut les changer en 5 minutes. Mais Thomas n’est pas là et ce serait peut être un dossier un peu gros pour Frank et son début avec nous. Le cross-over se fait dans le dernier tiers de la qualification. Les pneus pluie chauffent et les temps ne descendent plus. J’adapte le rythme : un tour push et un tour de refroidissement. Les chronos continuent de tomber si on ne met pas une roue en dehors de la trajectoire qui est devenue sèche. Quelques FCY permettent aussi de faire refroidir les pneus.

Trajectoire sèche, je fais refroidir les pneus comme je peux.

Je me maintiens dans le TOP 3 puis en fin de séance les écuries professionnelles font rentrer leur pilotes et passent les slicks. Je perds 2 places pour finalement me qualifier P5 en ⏱️ 1’35.9 pas si mal vu les pneus, 7 /100 devant l’équipage DUVGNAU / JACOB qui étaient en slicks sur la séance.

On peut souffler et préparer la course qui aura lieu dans quelques heures, le temps d’essayer de vous expliquer comment fonctionnent les classements cette année.

Course 1

La course se prépare en fin d’après midi ce samedi, avec toujours une incertitude sur le type de pneumatiques à mettre. Entre coin de ciel bleu et averses autour du circuit, le choix est difficile. La voiture est préparée avec 2 pneus pluie et 2 pneus secs pour effacer le biais « la flemme de dernière minute » : pas le choix il faudra changer 2 roues.

Au dernier moment on fait le pari des pneus pluie. Arrivée en pré-grille le top 8 est en pneu pluie ce qui sera le bon choix. Dans le peloton on trouve des pneus slicks. L’averse annoncée n’arrive pas et il est impossible de savoir quel choix était le bon avant de prendre la piste, et de la découvrir très humide.

Le tour de formation interrompu par une (des) voitures en perdition. Pneus slick froids + piste humide = zéro adhérence. Après un deuxième tour de formation le peloton se présente pour le départ lancé. Rampe de feux en panne, personne au drapeau pour lancer la course, le pole-man ne prends pas non plus son envol. Moment de flottement puis ça pousse derrière et ça donne un départ très brouillon.

A la sortie du secteur 1 j’ai gardé ma place sur une piste très grasse. A l’entame de la ligne droite la wolf #112 est en perdition devant moi, j’arrive a éviter la voiture, re-colle au peloton au bout de la ligne droite puis Safety Car : les malheureux pilotes en pneus slicks sont en grande difficulté.

A la relance je suis dans le troupeau de Wolf toujours en délicatesse sur ces voitures compliquées. Mon potentiel et ma confiance dans ces conditions me permettent un double dépassement au bout de la ligne droite, tard sur les freins.

Coucou !

Nouvelle safety car (décidément), qui me permet de recoller à X. Duvignau et au bout de la ligne droite de l’aérodrome, même tarif : frein tard, devant au point de braquage, c’est passé.

les positions changent
et la piste sèche
tour après tour

Il reste 2 tours de course et j’ai dans les rétroviseurs une des deux Norma qui se fait pressante dans la ligne droite. Frein tard, porte fermée, et sans être inquiété dans les parties sinueuses je finis

  • au damier : 2è position,
  • au scratch classé : 1er position,
  • et donc mécaniquement 1er de la catégorie TPF1

A l’arrivée c’est la satisfaction d’avoir vaincu ce vieux démon de Nogaro sous la pluie. La présence de voitures non classées ternit quelque peu le tableau. Les journalistes ne comprennent pas la subtilité. Les connaisseurs réalisent la performance de mettre la SR3 entre deux Norma 2L.

remise des prix TPF saison 2025

L’après midi se poursuit par la remise des prix de la saison passée organisée par AvenirCup. Moment convivial ou chaque récipiendaire a pu prendre la parole pour quelques mots. J’en profite pour remercier le groupe Avenircup pour son ADN très fort et ses valeurs communes.

La remise des prix est suivie d’un apéritif convivial organisé par l’ASA de Nogaro, et enfin on peut se reposer un peu. Diner puis dodo.

Course 2 le dimanche

La course étant prévue à 13h30, c’est grasse matinée ! jusqu’à 8h, on est jour de course quand même. Inspection de la voiture, rien de dramatique. La légère fuite d’huile de l’an passé est revenue, il faudra se pencher sur le sujet. La météo est au beau fixe, on règle la voiture en conséquence.

les belles…
… photos …
… de Frank

Présentation de la voiture en pré-grille par un beau soleil de fin d’hiver. Départ en 4è position, je peux enfin utiliser les pneus neufs achetés l’an dernier. Pas eu l’occasion de les roder il faudra gérer un grip précaire en sortie des stands et une chauffe pas trop violente en piste, qui reste froide avec un petit 8°C.

La procédure de départ se déroule sans incident ce coup-ci. Extinction des feux sur une bonne impulsion, devant ça part bien, un peu mieux les 2 wolf ont un bien meilleur rapport poids/puissance. Je choisis l’extérieur au T1 et en arrivant au virage, peu certain de l’adhérence réelle de ces pneus pas encore rodés, j’en laisse « un peu » ce qui permet à la JAD et son très bon pilote Lionel JACOB de s’infiltrer à l’intérieur. Avec le recul j’aurai du garder l’intérieur et le forcer à faire le tour… Fin du premier secteur le peloton est compact.

Au bout de la ligne droite de l’aérodrome je dois défendre sur les freins.

à 200m
à 100m
à 50m

La Norma me dépasse au panneau 200m, freine au panneau 100m, mais moi je freine à 80m 🤫 donc au panneau 50m je suis à son niveau, au moment de lâcher les freins je suis devant.

Gaz pour faire un trou dans le secteur 3. Je me fais un peu gêner au T12-T13 ce qui permet à la Norma de recoller et dépasser dans la ligne droite des stands… jusqu’à ce que je sorte de l’escargot avec une vitesse bien supérieure me permettant de dépasser avant l’épingle et l’aplomb d’un drapeau jaune (parfois je me dis qu’il vaut mieux m’avoir en photo). Situation toujours un peu délicate, le pilote dépassé décide de récupérer sa place sous drapeau jaune. Je laisse courir de toute façon c’est une voiture non classée….

Relance après l’opération safety car, les 2 wolfs devant haussent le rythme. Je me retrouve derrière la JAD de Lionel que je n’avais pas perdu de vue. Je me décale devant les anciens stands pour me montrer dans le rétro, je soigne l’entrée du T14 pour être certain de remettre les gaz tôt et en grand, et décale un peu ma ligne dans le T15 pour optimiser la sortie : hors de question de lâcher les gazes.

la ligne « qui secoue »
permet d’être au niveau au virage d’après

Meilleur sortie, aspiration, je me décale, au panneau 50 m on est au même niveau. Mieux positionné à l’intérieur du T1, j’exploite l’avantage pour avoir la bonne trajectoire au T2, puis ciao, gros passage dans l’escargot, soigner la sortie de l’épingle pour sécuriser la place dans la ligne droite.

La course s’installe et dans cette phase, c’est la chasse aux wolfs que je remonte par 1/2 seconde au tour ⏱️1’31.6 ça commence à cavaler. En fin de course ce sera ma gestion des dépassement sur les retardataires qui creusera l’écart. Ce sont les copains alors pas de prise de risque démesurée, d’autant que devant moi la wolf #112 se fait afficher un drive trough depuis déjà quelques tours. J’ai compté au moins 3 présentations quand la #121 et la #112 s’accrochent lors d’un dépassement sur un retardataire. Cela me fait remonter de 2 places, la safety car est déployée, ça sent la relance pour un tour, toujours risqué car c’est du ‘ALL IN’ au premier freinage. Finalement fin de course au drapeau rouge, décision peut être plus sage bien que cela nous prive du damier et du tour d’honneur.

Podiums confus, les classements ne sortent pas à cause du drapeau rouge, des pénalités non effectuées, de l’accident etc…. n’étant impliqué dans aucun incident les choses sont simples pour moi.

La voiture est pesée en parc fermée, puis finalement podium, remise des prix, et il faut maintenant ranger le box, le camion, et retourner à Nantes. Le week-end est déjà fini. Rendez-vous en avril pour la deuxième manche de cette saison qui commence bien 👍.

Olivier TABONE